Présidentielle: APPIA POUR UNE DERNIERE DISCUSSION AUTOUR DE LA DESCRIPTION DE TOUTES LES ETAPES.
Source : FratMat : Dernière Mise à jour : 06/02/2010 (Auteur : Franck A. Zagbayou)

Aimé Kabran Appia, membre du Haut Conseil politique du candidat Laurent Gbagbo a entretenu ce jeudi matin les journalistes au cours du « Petit déjeuner des Communicateurs citoyens bénévoles pour la réélection du Président Laurent Gbagbo» sur le thème : «Quelles élections pour une sortie de crise apaisée et une paix durable ? ».Devant la situation de blocage qui perdure, Il a proposé une dernière discussion de tous les acteurs autour de la définition et de la description définitive de toutes les étapes du processus électoral. Même s’il reste convaincu que les élections ne vont pas résoudre définitivement tous les problèmes de fond. Cela peut être selon lui, une opportunité de les verser au débat démocratique.

«A mon avis, ce qui devrait nous inquiéter dans les élections à venir, ce n’est pas tant qu’elles pourraient ne pas bien se tenir, qu’elles pourraient bien n’être pas conclusives » a lancé le conseiller spécial du Président de la République chargé des transports et des Infrastructures économiques, qui s’est aussitôt fendu d’une proposition : «… Je propose une dernière discussion de tous les acteurs autour de la définition et de la description définitive de toutes les étapes dans les moindres détails : la liste électorale, les bureaux de vote, le matériel électoral, le personnel électoral, la police électorale, la campagne électorale, le recensement des votes, la proclamation des résultats etc…, etc. Le résultat devra être consigné dans un  document de niveau légal et faire l’objet de la plus grande publicité. C’est à ce prix minimum que nous pourrons isoler les révoltes justifiées des entreprises malignes ou politiciennes. Tous les problèmes ne seront pas résolus mais notamment balisés. Si les élections ne vont pas résoudre définitivement les problèmes de fond, elles peuvent être une opportunité de les verser au débat démocratique. C’est peut être le mérite principal du modèle de sortie de crise par la démocratie. »

Kabran Appia ne souhaite pas un « nouvel accord impossible » mais il recommande un nouveau réglage assorti d’un document à niveau législatif et à valeur de révélateur pour que quiconque contreviendrait à son respect, soit toute suite reconnu. Ce nouveau réglage s’impose d’autant que l’application à la carte de l’Accord  politique de Ouagadougou, pourtant assorti d’un chronogramme avec quatre accords complémentaires, est loin  de garantir des élections pour une sortie de crise apaisée et une paix durable. Kabran Appia ne manque pas de s’interroger à haute et intelligible voix : «Les élections justes, transparentes, inclusives, consensuelles et que sais-je encore, auront-elles, au bout de l’exercice, distribué la nationalité à tous les étrangers afin que leurs biens (notamment fonciers) soient définitivement à l’abri ? Auront-elles éliminé définitivement Gbagbo Laurent et ces refondateurs tant détestés ? Auront-elles produit ce chef d’Etat aux ordres dont rêvent ces maçonneries françaises qui ont financé la rébellion ? Auront-elles consacré ce bétail électoral structurel dont rêvent tous ceux que la vraie compétition entre ivoiriens effraie ? Y –aura-t-il ici une armée totalement infiltrée et sous contrôle ? etc, etc. »

Si les élections, continue de réfléchir, le conférencier, ne règlent aucun des vrais problèmes qui sont à la base de la guerre, pourquoi faire des élections avant d‘avoir complètement fini de les résoudre ? Pourquoi ceux qui ont tant investi pour s’accaparer un pays riche devraient-ils résumer le sort de leur mise à un phénomène aussi aléatoire qu’une votation populaire ? : « … Tout le problème de la Côte d’Ivoire est dans le fait que le « rassemblement des rebelles » (ainsi nommé par mon ami Mamadou Koulibaly) n’a accepté la solution  démocratique que parce qu’elle représente l’alternative idéal au coup d’Etat foiré. « Le coup d’Etat électoral » contre le coup d’Etat impossible, devraient procurer la meilleure des victoires : celle que la victime a célébrée à l’avance ». Appia dénonce ainsi le jeu de celui qu’il appelle «  le candidat élu » et qui veut trouver dans l’organisation de cette présidentielle non «un moyen d’accession au pouvoir d’Etat mais un prétexte » et qui espère le changement de la sociologie électorale.Il relève qu’ Alassane Ouattara ayant obtenu une éligibilité exceptionnelle à l’élection présidentielle,il lui restait à baliser le reste du parcours pour être sûr d’être élu avant d’indiquer que le détail de l’Affaire Mambé, objet des disputes actuelles, ne fait qu’illustrer cet état de faits  : « L’affaire de la fraude de Mambé, n’est qu’une révélation brutale et inespérée du coup d’Etat électoral en préparation depuis l’idée de la composition déséquilibrée de la CEI, des audiences foraines et de la distribution à tous des extraits de naissance ivoiriens, de l’identification à la place de l’Ins ,de l’abrègement de enrôlements dans les zones réputées favorables au camp présidentiel.  A présent que l’alerte fut chaude, c’est le moment de regarder profondément tout le système lui-même, dans  lequel tant de pièges ont été disséminés contre la paix. »

Kabran Appia dénonce la face hideuse de ces pièges dans un questionnement qui sonne comme des préoccupations lancinantes : « Les étrangers doivent-ils voter ou non ? La liste électorale doit-elle contenir tous les ivoiriens éligibles, rien que les Ivoiriens ? Les cartes d’identité ne doivent-elles être distribuées qu’aux seuls ivoiriens. Car sur l’identité un véritable défi s’ouvre devant nous si l’on note tous les efforts déployés par le « rassemblement des rebelles » pour faire voter une loi de naturalisation collective abandonnée avant d’avoir servi. Tuo Fozié avait dit au départ : «  Il faut que tout le monde n’a qu’a devenir ivoirien »… Autant l’exclusion a pu être un motif de guerre plus ou moins légitime, autant la naturalisation par fraude peut produire pour les autres une guerre encore plus violente. » Pour éviter d’en arriver vraiment à là pour savoir, hélas, que la bêtise peut avoir encore un rôle moteur dans l’histoire,il demande aux ivoiriens , eux qui doivent faire semblant de croire que la sortie de crise se résume dans les élections, de faire semblant «d’accepter le minimum de principes et règles qui sont requis en matière, par ce standard mondial qui ne peut nous manquer » : « Nous ne pouvons donner accepter une conception patrimoniale d’une liste électorale partagée entre les états-majors ; accepter un système, mal défini,ou insuffisamment, dont les procédures sont à géométrie variable,qui réprime plus le citoyen qu’il ne facilite son adhésion aux élections, accepter que les différentes étapes du processus électoral soient mal connues,soumises à des redéfinitions permanentes  au gré de la volonté de bailleurs d’idées cachées dans le labyrinthe des réseaux. » La question de la CEI est moins celle «des hommes que celui d’un système à mettre sur pied et qui donne des résultats » Puis il a situé les enjeux des élections de 2000 qui devraient impérativement libérer les ivoiriens des militaires et de celle de 2010 qui doivent être organisées le plus sérieusement possible, pour éviter une nouvelle guerre.



Notez cet article :
1
2
3
4
5

 Envoyer cet article à un ami
 Articles du même auteur >>