ACCUSE DE FRAUDE PAR LE PARQUET - Mambé Beugré : « Je reste à mon poste »
Source :  Soir Info : Dernière Mise à jour : 08/02/2010 (Auteur : Kisselminan COULIBALY )

Robert Beugré Mambé ne lâche pas le morceau. Samedi, il a animé une conférence de presse à sa belle résidence des 2 Plateaux, assurant qu’il restait à son poste quand bien même l’enquête menée par le parquet le désignait coupable « d’avoir fait inscrire ou tenté de faire inscrire des pétitionnaires qui n’y avaient pas droit sur la liste électorale ». « Je reste à mon poste pour faire le travail que la Côte d’Ivoire m’a confié », a affirmé le président de la Cei. Il a ajouté qu’il était déterminé à « continuer son travail » et s’est refusé à « commenter » le communiqué du parquet qui l’incriminait sur plusieurs points. « Je voudrais vous prier de me permettre de ne pas commenter les conclusions de M. le Procureur. Je respecte le travail qu’ils font », a dit le président de la Cei. Il A (re) affirmé qu’il n’y a pas eu de fraude organisée par la Commission encore moins par son président. « J’insiste pour dire qu’on ne peut pas prendre le nom de quelqu’un qui est sur le fichier des 429.000 personnes et le transposer sur la liste définitive, ce n’est pas possible, ça n’a pas été fait. Ça n’a jamais été fait », a martelé Beugré Mambé. Il a fait cette précision : « Le travail qui a été fait par la Cei pendant le contentieux n’admet pas la fraude. La Cei n’a pas fraudé, le président Mambé n’a pas fraudé, on n’a pas donné instruction pour frauder, on n’a pas donné instruction pour aller chercher à frauder. Je le répète, il n’y a pas eu de fraude parce que le système ne le permettait pas ». Le chef d’Institution a relevé que l’inscription sur la liste électorale définitive a débuté depuis quelques jours, longtemps après que les premières déclarations l’accusant de « fraude » ont été faites. « Je le dis en mon âme et conscience, vous pouvez aller sur le terrain pour le vérifier. L’inscription des Ivoiriens sur la liste définitive a commencé il y a juste quelques jours, avec comme organes d’exécution les comités dits de suivi, comprenant la Cei comme président, l’Ins, la Sagem, l’Oni et la Cnsi. Donc, je vous dis en toute humilité, au moment où la déclaration était faite, il n’y avait aucune liste définitive qui était ouverte en Côte d’Ivoire parce que cela se passait dans les centres de coordination qui étaient fermés en ce moment », a évoqué Beugré Mambé. Le conférencier a dit souhaiter que les « incompréhensions momentanées nées de l’affaire des 429.000 qui n’en est pas une, en réalité, puissent être dissoutes » de sorte à permettre à sa structure de travailler dans la « sérénité ». Interrogé sur les notions de « dysfonctionnements internes » qu’il avait employées dans l’une de ses précédentes déclarations, Beugré Mambé a apporté quelques clarifications : « ce que nous avons appelé dysfonctionnement, c’est que nous avons demandé de ne pas utiliser ces fichiers et les informaticiens, dans leur volonté de bien faire ont laissé ces fichiers à l’intérieur du CD et au moment où ils partaient nous n’avons peut-être pas eu le temps de bien vérifier que ce fichier ne comportait pas cela ».
Des jeunes de l’opposition montent la garde au domicile de Mambé

Plusieurs dizaines de jeunes issus de l’opposition se trouvaient « en poste » devant la résidence du président de la Cei. Ils étaient assis sous une bâche qui avait été dressée pour la circonstance. Les jeunes formaient une espèce de cordon humain destiné à protéger Robert Beugré Mambé contre d’éventuelles menaces. Certains parmi eux ont demandé à des journalistes de décliner leur identité et préciser le nom de leur organe alors que ces derniers étaient partis couvrir la conférence de presse de Mambé. Dans la cour du président de la Cei, une organisation était mise en place de sorte qu’un repas était servi à ceux d’entre les bénévoles qui souhaitaient se restaurer. Mambé a affirmé avoir préféré tenir sa conférence de presse à son domicile parce que cela se faisait un week-end. Et de toute façon, il ne se sent pas « menacé ».

K. C.

 



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