Crise ivoirienne / Affaire Mambé : Pourquoi Choi prend position
Source : L'Inter : Dernière Mise à jour : 08/02/2010 (Auteur : Félix D.BONY )

La responsabilité du Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Choi Young-Jin, est beaucoup citée dans l’affaire de présomption de fraude sur la liste électorale. Problème, qui défraie la chronique sur le front politique ivoirien. Le président de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), dont le devoir impose la neutralité dans les débats, est taxé de partialité dans l’affaire Mambé où il serait formel sur le départ du président de la Commission électorale indépendante (CEI) de son poste. Choi a carrément pris position dans cette affaire, là où son rôle d’arbitre lui recommande une distanciation pour faire triompher des solutions de compromis. L’on soupçonne même le fonctionnaire onusien d’avoir choisi le camp présidentiel qu’il conforte dans sa position. Mais, à y voir de près, l’attitude du fonctionnaire onusien s’expliquerait comme la volte-face de l’ex-président sud-africain, Thabo M’béki, envoyé par l’Union Africaine pour intervenir dans la crise ivoirienne. Alors qu’il venait négocier un exil pour le chef d’Etat ivoirien assiégé par l’armée française en novembre 2004 suite à l’échec de l’opération dite ‘’Dignité’’ contre les Forces nouvelles (ex-rébellion), le prédécesseur de Jacob Zuma a aussitôt retourné sa veste pour rallier le camp présidentiel après s’être enquis de la réalité sur le terrain. Thabo M’béki servira même de bouclier pour Laurent Gbagbo, jusqu’à son départ de la présidence sud-africaine et de sa médiation dans la crise ivoirienne saluée par les adversaires du pouvoir en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, c’est quasiment le même scénario qui se répète avec le président de l’ONUCI, qu’on dit même en campagne auprès de certaines Chancelleries pour le départ de Mambé de la présidence de la CEI. Témoin de la réunion au cours de laquelle Beugré Mambé a été mis au fauteuil blanc sur les faits à lui reprochés, le fonctionnaire onusien n’aurait pas apprécié l’acte posé par le premier commissaire des prochaines élections en Côte d’Ivoire. Les réponses du président de la CEI n’ont pas convaincu le Représentant spécial de Ban Ki-Moon, qui, selon nos sources, ne croit plus en la capacité de M. Mambé à conduire sans heurt le processus électoral ivoirien à terme. Aussi milite-t-il ferment pour le départ du président de la CEI, même s’il apporte de l’eau au moulin d’un camp auquel il n’appartient pas forcément. La vérité des faits aura poussé M. Choi à adopter une posture, quoique celle-ci ne déplait point aux caciques du camp présidentiel. Voici donc qui radicalise les débats sur la tentative présumée d’inscription frauduleuse de 429.000 personnes sur la liste électorale. Une affaire qui appelle un règlement politique, pour éviter toute solution radicale, susceptible de remettre encore de l’huile sur le feu. Le départ de Mambé va-t-il régler le problème ? Apparemment pas ! D’où la recherche nécessaire d’un compromis, avec une implication personnelle du chef de l’Etat vers qui tous les regards doivent se tourner si l’on s’en tient aux dispositions juridiques qui ramènent tous les débats aux pouvoirs exceptionnels que lui confère l’article 48 de la Constitution. L’Assemblée nationale étant définitivement forclose en matière de légifération pour prendre une quelconque décision.



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