AFFRONTEMENTS ENTRE AUTOCHTONES ALLOCHTONES : La tension toujours vive à M’Batto
Source : L'Inter : Dernière Mise à jour : 06/02/2010 (Auteur : A.S)

Lorsque nous arrivions dans la ville de M’Batto à 17h, il y régnait une atmosphère tendue. Notre véhicule de transport est hélé à l’entrée de la ville par un groupe de jeunes malinké qui nous demandent de faire attention parce que, disent-ils, « il y a un danger à M’Batto ». Nous avançons très lentement quand une centaine de jeunes, la plupart identifiés comme des Malinké aussi, armés de fusils artisanaux et d’armes blanches, nous escortent jusqu’à la résidence du préfet. Les hommes et les femmes, postés devant leur maison attendaient le premier craquement de verre pour prendre la fuite. La peur se lisait sur les visages. On s’explique difficilement à M’Batto de tels affrontements. En tout cas, les éléments de la gendarmerie sont bien en place. Ils ont même reçu des renforts du peloton mobile de Dimbokro. En effet, après la journée mouvementée de jeudi, les habitants de M’Batto se sont réveillés dans un calme apparent jusqu’à 11h où au quartier commerce, selon des témoins, des échauffourées éclatent. Un Malinké, dit-on, prend une balle dans la tête. Très vite, les choses se gâtent et la ville replonge dans la psychose. Selon une source d’information, le jeune blessé serait l’ami d’un autre, celui-là présenté comme un Malien et qui mènerait le jeu. Ce Malien qui se fait appeler « Tangara » serait au centre de la crise. On lui prête des actes de vandalisme et de destruction de biens privés. Chose que nous n’avons pu vérifier. Chez les autochtones, c’est la panique totale. Lorsque nous mettions sous presse, le préfet de M’Batto avait convoqué une réunion avec les différentes parties, notamment le président des jeunes de la ville surnommé « Bicoq », les responsables de la communauté malinké, le maire, les autorités militaires et les chefs coutumiers. Notons que les jeunes agni accusent leurs responsables de ne rien faire pour que la situation s’améliore. Plus aucune boutique ou magasin n’est ouvert dans le quartier Agnikro, le village mère. Ces boutiques et magasins, sans qu’on sache à qui ils appartiennent, sont systématiquement pillés. Nous y reviendrons.



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