L’organisation de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, connait depuis quelques semaines, de sérieuses difficultés. Notamment au niveau du processus électoral où les acteurs politiques ivoiriens ont rompu le dialogue et s’empoignent sur divers sujets. L’affaire Beugré Mambé ou l’affaire des présumées 429.000 frauduleusement inscrites sur la liste électorale, a entrainé des positions tranchées au sein de la classe politique ivoirienne. Le camp présidentiel a retiré sa confiance au président de la Commission électorale indépendante (Cei), Robert Beugré Mambé à qui, il demande de démissionner. Quant à l’opposition réunie au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), elle s’accroche au maintien du président de la Cei et exige la démission du ministre de l’intérieur, accusé de vouloir récupérer le processus électoral à travers les préfets. Toutes ces informations alarmantes ont été rapportées, selon nos sources au Facilitateur Blaise Compaoré par le premier ministre Guillaume Soro. Le président burkinabé qui, à la suite de l’éclatement de l’affaire des 429.000 pétitionnaires le jeudi 7 janvier 2010, avait reçu Guillaume Soro à Ouaga et lui avait donné des consignes pour ramener le calme. C’est ce que le chef du gouvernement ivoirien a fait en réunissant les acteurs impliqués dans le processus électoral ainsi que le président de la Cei. Au terme de la réunion qui s’est déroulée à la primature, Guillaume Soro avait annoncé la mise sur pied d’un comité de suivi du contentieux électoral et avait appelé toutes les parties en conflit, au calme. Le Facilitateur du dialogue interivoirien n’aurait pas apprécié le fait que le ministre de l’intérieur, Désiré Tagro ait saisi le Procureur de la République au mépris des décisions prises par le premier ministre. Blaise Compaoré, indique notre source, a piqué une colère noire lorsque par ailleurs, Désiré Tagro a adressé un télégramme le 18 janvier 2010 aux préfets et sous préfets, leur demandant de lui faire un point hebdomadaire du contentieux électoral dans leurs départements. Le Facilitateur qui devait recevoir le ministre ivoirien de la sécurité dans la dernière semaine de janvier dernier, a révisé sa position, estimant que les actes posés par Désiré Tagro sont de nature à saboter sa médiation. Visiblement agacé par les querelles interminables entre les Ivoiriens, Blaise Compaoré, de source diplomatique, veut jeter l’éponge dans le dossier ivoirien. Déçu, le président burkinabé qui prévoyait une rencontre extraordinaire du Cadre permanent de concertation (Cpc) pour trouver une solution au blocage actuel dans le processus électoral, aurait décidé de laisser à leur sort, les acteurs politiques ivoiriens. C’est que le Facilitateur qui avait fondé un dernier espoir en la tenue de la présidentielle dans la période fixée (Fin février-début mars) par le dernier Cpc tenu à Ouaga le 3 décembre 2010, est plus que jamais désespéré. La communauté internationale, notamment la France ferait pression en ce moment sur le président du Faso, pour le dissuader dans sa volonté de mettre la clé sous le paillasson dans le bourbier ivoirien. Les jours à venir situeront sur les dernières décisions de Blaise Compaoré.